La marche à pied transfo9782266167598-0rme l’errant mais moins que le voyage à cheval. Le voyageur à pied décide de tout : de ses actes comme de ses objectifs. Il est maître à bord de son voyage. Il pilote une troïka composée de son corps, de son âme et de son esprit. Sa volonté est le fouet de cet attelage. Le chemin se plie à ce qu’il décide. La fierté du bon marcheur est de ne pas trop laisser les événements décider de sa course. Il aime à les faire plier au fur et à mesure qu’ils se présentent. Mais pour peu qu’il se constitue chef d’une caravane de chevaux, la distribution des rôles changera ! Subitement il sera appelé à se soumettre. Il deviendra le pion d’une autre volonté. Il devra s’accorder  à un rythme nouveau. ( Nous parlons ici du caravanier des Temps modernes, pas de celui qui, sur les chemins de la soie, menait des cohortes d’animaux de bât dont beaucoup mourraient , épuisés par les cadences infernales du trafic de damasquins et d’argenterie.)

    Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde. Editions Équateurs 2005.

 

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